Sous le feu
Dans les tranchées, les soldats sont en permanence exposés au feu, aux tirs des mitrailleuses, aux bombardements d’artillerie et aux explosions de mines. Les obus tirés par les canons pleuvent de jour comme de nuit. Les soldats ne sont en sécurité qu’à une dizaine de kilomètres derrière les lignes, hors de portée de l’artillerie lourde.
Les attaques programmées et redoutées se déroulent également sous le feu des tirs d’artillerie. Les combats au corps à corps y sont rares.
Au cours du conflit, l’armement évolue. La guerre devient industrielle et les soldats sont confrontés à l’apparition de nouvelles armes : lance-flammes, grenades, gaz asphyxiants, chars, avions.
La relève
L’organisation du système des tranchées fait alterner, pour les soldats, des séjours dans des espaces plus ou moins dangereux.
Les unités de la première ligne de tranchées sont remplacées au bout de 4 à 7 jours, sauf pendant les grandes offensives. La relève est une opération dangereuse et bruyante car un grand nombre de combattants sont regroupés. Elles s’effectue par les boyaux, généralement de nuit. Les poilus attendent impatiemment de « descendre », c’est à dire de quitter le première ligne et appréhendent d’y « monter ».
C'est toujours avec résignation et appréhension que les soldats partent à l'assaut, plusieurs lettres ou récits en témoignent.
Ainsi le dimanche 11 octobre 1914, Léon Clémencet, originaire de Sugères, écrit à sa femme Annette :
"Hier soir il y a eu un départ pour le feu, nous finissons par y être habitués, mais quand même c'est toujours un peu avec émotion qu'on voit partir ses copains. Oh! Je crois que maintenant le cercle se restreint de plus en plus et que les chances d'y couper diminuent aussi. Mais tant pis, chacun son tour..."
Le pauvre, il ne croit pas si bien dire... Quelques semaines plus tard, Léon est tué à l'ennemi le 26 novembre 1914 à la Haute Chevauchée en forêt d'Argonne (Meuse), il a 33 ans.

