Les poilus adoptent des expressions communes forgées à partir de l’argot militaire et de langages populaires. Cet argot des tranchées distingue les combattants de « l’arrière ». D’après le CRID 14-18 - Lexique 1914-1918
Abeille : les balles, sans doute en raison du sifflement qu’elles produisent. On peut aussi rencontrer la variante « frelons »
Artiflot(s) : désignation des artilleurs, principalement par les fantassins.
Bobard : un renseignement faux, non vérifié, ou encore une rumeur.
Boule : pain du soldat, ainsi désigné en raison de sa forme. Le pain est une des bases de la ration quotidienne, à proportion d’une demi-boule par jour et par personne.
Cabot : caporal.
Cafard : un mauvais état psychologique. fréquent avant une offensive ou au retour d’une permission. Il prend des sens différents selon les individus : énervement, tristesse prolongée, dépression, peur ou angoisse de la mort.
Cagna : abri léger, dans la terre ou fait de boisages, où peuvent se tenir les combattants en cas de bombardements ou d’intempéries par exemple. Le mot est d’origine indochinoise, sans doute transmis par des troupes coloniales.
Civelots/Ciblots : les civils.
Colon : colonel. Celui qui est nommé le « colon » est généralement le colonel commandant le régiment.
Crapouillot : les différents types de mortiers de tranchée et leurs projectiles, dont l’utilisation est croissante au cours de la guerre, leur tir courbe étant adapté à la guerre des tranchées. Par extension sont créés le verbe « crapouilloter » et le substantif « crapouillage » pour désigner le fait de bombarder avec un crapouillot.
Descendre : le fait de quitter les premières lignes pour l’arrière-front ou le cantonnement.
Faire camarade : se rendre volontairement, sans doute en raison de l’exclamation fréquemment prononcée par des soldats allemands lors d’une reddition : « Kamerad ! ». |
Filon : une affectation ou un secteur recherché pour son absence de danger. Le terme est aussi employé pour désigner la bonne (ou la fine) blessure, celle qui éloigne du danger sans dommages physiques trop importants.
Gourbi : abri. Le terme s’applique peu en première ligne, il est utilisé surtout à partir de la seconde ligne jusqu’au cantonnement.
Jus : café.
Marmite / Marmitage : projectiles allemands, en particulier des Minenwerfer sans doute en raison de leur forme et de leur poids
Monter : « aller aux tranchées ». On « monte » vers le feu et les tranchées de première ligne.
Popote : cuisine roulante, et fait de cuisiner. Par extension, la popote est la réunion des personnes qui mangent en commun.
Rata : initialement, abréviation de ratatouille ; ragoût de pommes de terre ou de haricots, ou plus généralement un ragoût quelconque.
Rosalie : baïonnette
Roulante : initialement la cuisine roulante de compagnie, mobile, qui permet de préparer le ravitaillement des combattants à proximité des premières lignes.
Séchoir : barbelés. L’expression vient de ce que les soldats tués lors d’une offensive pouvaient « sécher » sur les barbelés dans lesquels ils étaient pris.
Singe : bœuf et plus généralement toute viande en boîte de conserve ; le « singe » est fréquemment critiqué pour sa mauvaise qualité (que le mot même suggère).
Totos : poux
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