Le chemin des Dames
Sur le front ouest, le général Nivelle lance une grande offensive sur le Chemin des Dames, dans l’Aisne, le 16 avril. En 5 jours, près de 130 000 soldats sont mis hors de combat sans que le front soit percé.
Les assauts meurtriers et sans résultat provoquent la lassitude des combattants, certains refusent d’obéir. A l’arrière des grèves, notamment dans les usines d’armement, se multiplient. Pétain, qui a remplacé Nivelle en mai, jugule cette crise. Tout en réprimant la révolte (49 mutins sont fusillés pour l’exemple), il prend des mesures pour améliorer le quotidien des hommes et renonce aux attaques inutiles.
Le Chemin des Dames s’étire sur une crête de 30 km séparant les Vallées de l’Ailette et de l’Aisne. Il doit son nom aux filles de Louis XV, Mesdames, qui l’empruntaient pour se promener.En 1917, la promenade est toute autre, et au milieu des paysages dévastés, ils sont nombreux, les enfants du canton à avoir "laisser leur peau sur le plateau de Craonne". Ainsi, dès le 16 avril, René David originaire de Malpic à Sugères, est tué à l'ennemi aux combats du Bois Brouzé près de Braye en Laonnois (Aisne). Ce "grenadier très audacieux qui a fait preuve en maintes circonstances d'abnégation, de sang froid et de courage en accomplissant des missions très périlleuses" (citation à l'ordre du 69e RI) n'avait que 24 ans. Il était marié depuis à peine un mois...
Son jeune frère, Jean David, alors soldat au 16e régiment des chasseurs à pied, a probablement également participé aux combats du Chemin des Dames.
Blessé sérieusement par balle à trois reprises au cours de la guerre, il aura la chance de survivre. A son retour, il épousera Julienne Passemard originaire de Lamontgie. Le jeune couple s'installera ensuite à Paris dans le 12e arrondissement.
Décédé le 31 mai 1949 à Paris, il repose aujourd'hui à Sugères.
La chanson de Craonne
Elément central dans la mémoire de la Première Guerre mondiale, la Chanson de Craonne ne fait pas référence qu'à l'échec de 1917. Elle contient aussi des allusions au quotidien des tranchées : le moment crucial de la "relève" , la permission qui permet de voir les "embusqués" sur les "boulevards" parisiens ; etc. Ce texte anonyme vient de la transformation progressive par des soldats d’une valse à succès de 1911, Bonsoir m’amour (Charles Sablon) en chanson antimilitariste. Apprise par coeur, transmise oralement, elle connaît de nombreuses versions avant d’être imprimée en 1919 par Paul Vaillant-Couturier.
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Quand au bout d’huit jours, le repos terminé, |
On voit quelqu’un qui s’avance, |
