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L'enfer de Verdun

L’état-major allemand veut percer le front. Son choix se porte sur Verdun, le « cœur de la France » selon le Kronprinz, saillant de la ligne de front, mal relié à l’arrière et difficile à ravitailler.
Le 21 février 1916, l’offensive débute, un million d’obus furent tirés en
21 heures, lors du premier bombardement. L'infanterie allemande progresse sensiblement et le 25 février le fort de Douaumont est pris.
Puis, grâce à l'efficacité de l'artillerie française depuis la rive gauche de la Meuse, la progression allemande s'essouffle.
Nommé le 26 février, le général Pétain organise l’acheminement des renforts, munitions et matériel par la route qui relie Bar-le-Duc à Verdun. Pendant plusieurs mois attaques et contre-attaques se succèdent au milieu d’un paysage bouleversé. Tous les régiments français passent par Verdun, surnommé le « hachoir » par les poilus.

Lacheins pas !

Le 8 mars 1916, devant Verdun, au bois dit des Corbeaux, les soldats du 92e RI - le régiment des Auvergnats - se criaient pour se remonter le moral sous la tourmente "Lacheins pas" (lachôns pas). L’épisode est raconté par l’écrivain Henri Pourrat dans son roman "Vent de Mars".
Entre le 8 et le 11 mars, ils sont nombreux, originaires du canton, à laisser leur vie sous le feu ennemi :
- Antoine Bertin (92e RI), d'Egliseneuve des Liards, 32 ans
- Jules Couderette (92e RI) , du Vernet la Varenne, 28 ans
- Alfred Daustrevy (139e RI), de Chaméane et St Etienne, 25 ans
- Jacques Gladel (139e RI), du Vernet la Varenne, 33 ans
- Alphonse Ribeyre (92e RI) de Sugères, 34 ans
- Auguste Vacher (92e RI) de St Genès la Tourette, 21 ans.

Alfred Daustrevy

Né en 1891 à Chaméane, Alfred Daustrevy s'installe avec ses parents à St Etienne sur Usson dans les années 1910.
Caporal au 139e RI, Alfred décède le 9 mars 1916 au Bois des Corbeaux.
La carte que ses parents lui ont écrite le 18 mars leur a été retournée avec la mention « retour à l’envoyeur – le destinataire n’a pu être atteint ». Un certain Eugène Courtine leur donne des nouvelles : "je peux bien vous certifier la mort de votre malheureux fils qui a été tué le 9 mars à 6 h et qui est resté entre les mains des boches (...) s'il est enterré il ne l’a que été par les boches. Il a été tué le pauvre à bout portant ..."
Archives privées Christiane Magaud